Pour cette pause vagabonde à l’approche de l’Épiphanie, laissons-nous transporter dans un Orient fantasmé, à la rencontre de personnages non moins fantastiques. Quand les Rois mages ne traversent pas seulement le désert, mais aussi les époques et les modes d’expression artistique…

Une œuvre visuelle

L’Adoration des mages (Matthias Stomer)

Adoration des Mages (Matthias Stomer)
Matthias Stomer. L’Adoration des Mages. Huile sur toile. Av. 1640. Musée des Augustins (Musée des Beaux-Arts de Toulouse). Photo Daniel Martin

Un œuvre poétique

Les Rois mages (poème d’Edmond Rostand)

Ils perdirent l’étoile, un soir ; pourquoi perd-on
L’étoile ? Pour l’avoir parfois trop regardée,
Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,
Mais l’étoile avait fuit, comme fuit une idée.
Et ces hommes dont l’âme eût soif d’être guidée
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,
Se dit “Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner quand même à boire aux animaux.”

Et, tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse,
Dans l’humble rond de ciel où buvaient les chameaux
Il vit l’étoile d’or, qui dansait en silence.

Edmond Rostand, Les musardises, 1890

Une œuvre musicale

La Marche des Rois (Georges Bizet)

La Marche des Rois de Georges Bizet, transcrite et interprétée à l’orgue par Joel Hastings

À l’origine, la Marche des Rois est un chant de Noël d’origine provençale. Il a été popularisé par Georges Bizet, à travers la reprise qu’il en a fait dans son opéra L’Arlésienne en 1872.

Image d’en-tête

L’Adoration des mages, huile sur toile de Matthias Stomer, v. 1635-1640. Musée d’art de Caroline du Nord. Source : wikimedia.org